LE DISCOURS DE MONSIEUR MAHAMAT BECHIR CHERIF, MINISTRE DE L’ADMINISTRATION DU TERRITOIRE ET DE LA DÉCENTRALISATION A L’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés qui est célébrée chaque 20 juin de l’année.

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Mesdames et Messieurs

En guise d’interpellation de la conscience humaine et pour marquer sa solidarité avec les millions d’Hommes fuyant les persécutions, les guerres et les conflits en quête d’asile, la communauté internationale a consacré, par la Résolution 55/76 du 04 décembre 2000, le 20 juin : « Journée Mondiale des Réfugiés ».  

Depuis lors, chaque année, tous les pays en général et le Tchad en particulier, célèbrent cette journée autour d’un thème qui vise non seulement la prévention des situations conflictuelles mais aussi la protection des personnes réfugiées.

La célébration de la 21e édition 2021, de la Journée Mondiale des Réfugiés, placée sous le signe de l’inclusion, a comme thème cette année : « Ensemble, on peut tout réussir ! » a une résonance particulière au Tchad, pour plusieurs raisons.

D’abord, elle intervient quasiment trois mois, jour pour jour, après le décès du Maréchal du Tchad, Son Excellence Idriss Déby ITNO dont l’engagement et l’élan de solidarité sans réserve à l’égard des populations réfugiées auront fait du Tchad le premier pays d’accueil des réfugiés en Afrique par rapport à la densité de sa population.

Ensuite, elle survient dans un contexte sécuritaire incertain marqué par la multiplication des foyers de tensions : instabilités dans les pays voisins et intensification des attaques des Groupes armés non étatiques autour du lac Tchad.

Enfin, la prolongation de la pandémie de la COVID-19 au Tchad continue d’accentuer la pression sur les ressources, financières, matérielles et humaines.

Mesdames et Messieurs

La gouvernance de l’asile au Tchad a connu, malgré les défis structurels que nous lui connaissons tous, des progrès considérables.

Si la loi portant asile en République du Tchad, votée par l’Assemblée Nationale, le 23 Décembre 2020, apparaît comme le point culminant de la politique d’asile au Tchad en ce qu’elle traite l’asile dans sa globalité, depuis la réception des réfugiés jusqu’aux solutions durables, il faut néanmoins relever que d’autres avancées majeures ont été aussi enregistrées.

J’ai le plaisir à constater que notre peine n’aura pas été veine. Mieux, nos performances affectent positivement et de manière durable la vie des populations concernées, en dépit d’un contexte dont nous subissons tous, avec acuité, l’âpreté.

Nos actions concertées traduisent non seulement la pertinence des choix des activités, mais aussi la qualité de leur exécution sur le terrain. J’en veux pour preuve, la récente enquête, conduite entre Mars et Avril 2021, par nos partenaires du HCR et de la Banque Mondiale, auprès de 1482 ménages tchadiens et 865 ménages réfugiés. Elle a révélé, entre autres :

  • Un respect élevé des mesures de prévention à la COVID-19 chez les réfugiés ;
  • Un taux de réouverture des écoles de plus de 93 % pour les ménages tchadiens et réfugiés ;
  • Une satisfaction des ménages tchadiens et réfugiées des mesures d’atténuation socio-économiques prises par le gouvernement : notamment en matière de protection de l’emploi et de santé ;
  • Une amélioration de l’accès à la nourriture par rapport au début de l’année.

Mesdames et Messieurs

Dans le même sillage, il me plairait de rappeler qu’en 2021, en moyenne 45% des réfugiés âgés de 6 à 18 sont scolarisés au Tchad. Ce qui constitue une progression de 3 points par rapport à la rentrée scolaire.

La mise en œuvre diligente de la Stratégie Éducation 2030, s’alignant sur le Plan Intérimaire pour l’Éducation au Tchad 2018-2020 et le Plan National de Développement 2017-2021 des Nations-Unies, explique en grande partie ces résultats.

Vous l’aurez sans doute deviné, ces efforts, aussi louables soient-ils, n’éludent pas le vaste chantier qu’il reste à engager. Avec une population de plus en plus importante à notre charge, il est plus que jamais temps d’AGIR, vite et bien. Nous devons en prendre toute la mesure !

L’insuffisance d’harmonisation et la faiblesse de la coordination des services en faveur des réfugiés restent des déficits récurrents que nous devons résolument combler pour que les initiatives atteignent la plénitude de leur potentiel.

Nous devons être plus exigeants avec nous-mêmes. Les synergies qui se dessinent, notamment avec le Nexus Humanitaire-Développement-Paix, nous offrent les opportunités d’opérer des transformations profondes dans nos interventions. Il nous faudrait avoir l’audace de les saisir !

L’Agenda 2030 présente des pistes de coopération que nous nous devons d’explorer. Il en est ainsi de l’ODD 16 dont la cible 16.9 stipule la nécessité « D’ici à 2030, [de] garantir à tous une identité juridique, notamment grâce à l’enregistrement des naissances. »

L’état-civil représentant l’une des problématiques les plus lancinantes au Tchad, tant pour les réfugiés que les populations d’accueil, le détour par l’ODD 16 et l’activation des logiques de partenariats interinstitutionnels – je songe particulièrement ici à l’Objectif de développement durable (ODD) n°17, relatif au partenariat – nous permettrait de mobiliser les ressources inhérentes à la confection d’actes d’état-civil, dans des zones sensibles comme la Province du Lac.

La coopération multi-acteurs et multisectoriels à l’exemple de la Banque Mondiale dans le cadre du Programme d’Appui aux Réfugiés et aux Communautés d’Accueil (PARCA), reste des modèles qu’il faut impérativement dupliquer et approfondir. Il nous faut certes poursuivre la coopération avec les acteurs stratégiques, mais également diversifier le partenariat pour continuer à jouer notre rôle de catalyseur dans la mise en place des programmes de développements dans les zones où vivent les réfugiés. 

Mesdames et Messieurs

La bonne gouvernance des flux de réfugiés que le Tchad accueille est largement tributaire du dynamisme du partenariat stratégique entre les différents acteurs et de la coordination des opérations humanitaires.

L’engagement du Tchad à porter assistance aux personnes en situation de péril demeure aujourd’hui, plus qu’hier, effectif. Mon département ministériel ainsi que les services relevant de ma compétence et moi-même, à N’Djamena comme en provinces, sommes à votre entière disposition, à tout moment !

Je ne saurais conclure sans lancer un appel solennel et urgent aux partenaires au développement mais aussi à tous les amis du Tchad, à se joindre à nous pour assurer une gestion optimale des besoins des personnes réfugiées au Tchad et en Afrique.

Je vous remercie.